Le e-detailing : aspects règlementaires par rapport à la visite médicale

26. juillet 2007

Au plan règlementaire, le e-detailing est-il de la visite médicale?

Si on se réfère à la position de l'afssaps et du leem, il s'agit indéniablement de la même chose. Il n'y a qu'à prendre la version d'octobre 2006 de la charte internet afssaps-leem, au chapitre 10, visite médicale en ligne qui décrit précisément les conditions dans lesquelles doit se dérouler une visite médicale en ligne :

1. Validation de la qualité de professionnel de santé avant attribution du code d'accès personnel "à usage unique" : Exit les plate-formes et les présentations génériques e-detailing accessibles à partir d'un mot de passe commun. La validation de la qualité de professionnel de santé, avant de l'inviter à participer à un edetailing, doit elle prendre en compte les risques d'usurpation d'identité que nous avons déjà développé dans le contrôle d'accès? D'un point de vue strictement personnel, je ne vois pas l'intérêt d'une personne de remplacer un médecin pour participer à une session e-detailing, sur un produit pharmaceutique.A moins qu'elle n'agisse pour le compte d'un laboratoire directement concurrent, avec la complicité d'un ami médecin, dans un but d'espionnage industriel. Cela s'est déjà vu sur terrain, avec de faux remplaçants qui recevaient des laboratoires concurrents. On ne pourra de toutes façons jamais empêcher quelqu'un de donner ses identifiants à une tierce personne, s'il le souhaite. Il en est exactement de même avec les codes de carte bancaire. Sauf que les conséquences ne sont pas les mêmes

2. Dépôt du site internet visité par le laboratoire concerné : comme pour un ADV. Logique, il s'agit d'un ADV électronique (nous y reviendrons). Comme ce n'est pas du papier, il faut le mettre sur papier (en 5 exemplaires couleur SVP) pour les personnes qui vont contrôler et leur fournir simultanément un code d'accès "docteur" ou "récepteur", mais également un code d'accès "e-detailer" ou "émetteur". Evidemment, il s'agit de vérifier que des laboratoires n'écrivent pas des suites d'argument vues seulement par le e-detailer, qui seraient différentes du RCP et qui pourraient échapper à la vigilance des contrôleurs. Les contrôleurs n'ont oublié qu'une chose : la technologie va plus vite que la réglementation. Les pages internet se créent et disparaissent à la volée sur un site internet dynamique. Le co-surfing permet de faire visionner , n'importe quel site internet à votre interlocuteur. Prenons l'exemple d'une société savante qui dispose sur son site internet d'un compte rendu de travaux (sous forme d'enregistrement ou de vidéo), ou des résultats d'une étude internationale dans une indication encore hors AMM en France. Le e-detailer peut afficher sur son ordinateur les résultats de l'étude ou jouer la vidéo et la commenter . Le récepteur verra exactement ce qui s'affiche sur l'écran du e-detailer. En se servant du tableau blanc, il pourra ajouter des schémas faits à main levée, surligner, encadrer les faits ou chiffres qui lui conviennent. Sur la plateforme e-detailing de l'institut canal-medecine d'Imagence, différents profils sont disponibles pour accéder aux fonctions de la plateforme. Le profil "contrôle" permet de consulter les écrans disponibles pour le e-detailer, comme pour le médecin. Le profil "administrateur" permet  de consulter tous les écrans d'administration complémentaire, mis à disposition du e-detailer tels que compte-rendu d'entretien, appréciations, objectifs du prochain entretien.... Ces écrans, comme le sont les ETMS pour les visiteurs médicaux sont strictement confidentiels, à usage exclusif du e-detailer et du laboratoire.

3. Organisation du site conforme à la charte pour la communication des entreprises pharmaceutiques sur internet. Le chapitre visite médicale est le chapitre n°10 de ladite charte. cqfd

4. Mentions obligatoires et avis de transparence accessibles en lien pendant la durée de la visite en ligne : c'est bien connu, le médecin va immédiatement consulter le RCP du produit qu'on lui présente!!! D'ailleurs, tous les visiteurs médicaux (il y en a plus de 20 000) pourraient en témoigner : il parait qu'à chaque visite médicale, le médecin ouvre immédiatement son Vidal pour vérifier le libellé de l'AMM! Ce serait d'ailleurs beaucoup plus simple pour lui que d'ouvrir un PDF sur internet. Ceci étant, il est tout à fait logique de proposer au médecin de consulter le RCP, l'avis de transparence.  Mais un téléchargement en fin de visite suffirait amplement, d'autant plus qu'il est demandé d'expédier les RCP par la poste après l'entretien. Pour se conformer à la charte, mieux vaut disposer un lien permanent, soit sur chaque média, soit sur la plate-forme de e-detailing

5. Transmission systématique, à l'issue de la visite, par mail et/ou voie postale des informations prévues à l'article R.5122-11 du CSP. Ces informations sont parfaitement décrites dans la charte de la visite médicale.  Il faut donc permettre au médecin de télécharger le RCP et l'avis de transparence, qui sont déjà accessibles en lien hypertexte pendant la durée de la visite. Sinon, il faut les envoyer par la poste (pour qu'ils terminent dans la corbeille à papier)

6. Visite réalisée par des personnes qualifiées, conformément aux dispositions de l'article L.5122-11 du CSP . Le JO dans l'arrêté du 25 septembre 1997 décrit de manière exhaustive, tous les diplômes permettant de délivrer de l'information ou de la promotion sur les médicaments remboursés. N'en déplaise à certains syndicats de visite médicale, il n'y a pas que les diplômés d'une école de visite médicale qui peuvent délivrer de l'information. Médecins, pharmaciens, Kiné, sage-femmes, ... sont parfaitement habilités. L'art de la négociation dispensé par lesdites écoles, mais encore mieux par les laboratoires eux mêmes, est effectivement primordial ... pour vendre. L'expérience terrain étant bien évidemment encore plus essentielle. Mais si le respect de cette disposition permet d'être conforme à la loi, il n'en est pas de même sur le plan de la qualité et du résultat  de l'entretien, réalisé à distance, par une personne que le médecin ne voit pas, sur un support pas si facile que cela à maîtriser.

7. Respect des conditions de l'attribution des codes d'accès relatives aux médicaments soumis à prescription restreinte conformément à l'article R.5122-10 du CSP.  Il s'agit  d'être certain que celui à qui nous transmettons le code d'accès est bien un professionnel de santé. Cet article ne fait que rappeler, que les médicaments ne doivent être promus qu'auprès des professionnels de santé et non des patients. Dans les process e-detailing d'Imagence, le médecin est d'abord invité par le délégué médical ou par courrier à participer à une cession de edetailing. Après son accord, il est contacté par notre call center pour convenir d'un rendez-vous. Il reçoit ensuite un e-mail de confirmation du rendez-vous avec un lien direct sur la plate-forme canal-medecine pour tester sa connexion et ses identifiants personnels. Lorsque la visite e-detailing est close, les identifiants sont immédiatement inactivés.

Sous réserve de respecter toutes ces dispositions, n'importe quelle plateforme de e-detailing peut être utilisée par l'entreprise. Mais le e-detailing n'est pas qu'une plate-forme qui permet de faire de la visite médicale à distance. C'est un média à part entière, comme internet. L'expertise et le know how sont essentiels. Un billet est consacré à ce sujet.

Enfin, quelques recommandations pratiques pour votre prochain e-detailing :

- Eviter un One Shot : Compte tenu des taux de transformation par rapport à la cible initiale, il sera extrêmement difficile d'obtenir un résultat significatif.

- Bien choisir votre type de e-detailing : Synchrone avec e-detailer, asynchrone sans e-detailer,

- Inscrire l'opération e-detailing dans une véritable suite logique impliquant la visite médicale (en inititiation ou en relais), le e-mailing, le mailing postal et le phoning

- Bien préparer le groupe témoin en cas de recherche de mesure de l'efficacité. Ce qui n'est pas le plus aisé

- Vérifier que la plate-forme de e-detailing que vous utilisez brouille le cache du récepteur. On ne doit pas pouvoir reconstituer la visite à partir du cache du navigateur du médecin

- Comme dans toute bonne visite médicale, il doit y avoir un rapport de visite. Le rapport de visite e-detailing doit être fait par le e-detailer, dès que son médecin s'est déconnecté. La plate-forme canal médecine permet de vérifier toutes les pages qui auront été vues. Le rapport peut donc être immédiatement effectué, précisant les objectifs de la prochaine visite, l'évaluation de l'entretien,.... Ce rapport ne concerne pas l'afssaps ni la commission de publicité. La plateforme de e-detailing doit donc avoir un profil afssaps (pour contrôler les médias envoyés et reçus), un profil médecin (pour recevoir les médias) et un profil e-detailer.

 

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